Dans un monde dominé par la technologie et les écrans, le conteur guinéen Moussa Doumbouya, alias Petit Tonton, rappelle une évidence qui sonne comme un cri d’alarme. Les jeux d’enfants et les veillées de conte sont en train de disparaître, emportant avec eux, une part essentielle de la mémoire et de l’identité africaine.

À travers son intervention sur le plateau de TV5 Monde, il souligne une mission qui dépasse l’art : “Je confie le Tourou Mamoudou Kendè à tout le monde afin de le transmettre aux petits frères, aux petites sœurs, aux enfants, aux petits-enfants pour que nos jeux d’enfants continuent à vivre”

Ces mots traduisent un paradoxe de notre époque. La modernité apporte vitesse, innovation et connectivité, mais elle grignote les espaces d’oralité qui structuraient les sociétés africaines. Le Tourou Mamoudou Kende, ce jeu ancestral qu’on pratiquait au village en cercle, devient un symbole, celui d’un héritage qu’il faut protéger et partager, non pas comme un folklore figé, mais comme une pédagogie vivante. : “On est dans un monde de technologie aujourd’hui et Il faut des choses qui nous ramènent à l’humain”, a-t-il précisé.

Pour Petit Tonton, transmettre, c’est résister. Résister à l’oubli, mais aussi à l’uniformisation imposée par les réseaux sociaux et les loisirs numériques. Le conte et les jeux traditionnels deviennent alors des antidotes à la déshumanisation, des moments où l’on se retrouve pour rire, apprendre, imaginer et sentir le lien collectif.

Dans un contexte où la jeunesse africaine est happée par l’urgence du virtuel, son appel résonne comme un plaidoyer pour réinvestir le terrain de l’oralité et des traditions ludiques, non pas contre la modernité, mais pour équilibrer la balance entre écrans et mémoire. Ce qu’il propose, ce n’est pas une nostalgie, mais une vision; celle d’un avenir où les contes et les jeux anciens cohabitent avec les technologies, rappelant à chaque génération que l’humain ne se réduit pas au numérique.

Alpha Camara – generations224