
Tantôt croisées, tantôt suivies et parfois quatre jumelles au même sourire, Babacar Korjo Ndiaye nous offre la première loge d’un théâtre où les acteurs ne sont que sentiments.
Loin d’un chant qui feint ses notes, s’amenuise pour disparaitre dans les échos nocturnes, cet appel est un beau cri qui tire sa force des belles sèves. Nous percevons une voix qui chuchote, des vers que nous murmurons entre des murs étanches. Une valse se dessine dans le secret de la nuit, sur le bout d’une anse de lune. Korjo, dont je découvre l’origine et le sens, prend le chemin ô courageux de l’acceptation de ce sentiment qu’est l’amour.
L’auteur n’a pas peur de s’abandonner dans une mer infinie, sans rives et sans rêves de rames. Il se laisse guider par les vagues d’une douce, bénie et parfaite tentation. Comment ne pas céder à cette fleur de la nature qui est rose sans épines ?
Aimer, est-ce l’expression de la faiblesse du cœur ? Ô que non ! Aimer est un acte de bravoure, une main tendue pour accueillir toute la beauté de l’univers.
La femme ! Grand-mère, mère, sœur, amie et tendre aimée, se déhanche dans une allure pudique, du premier au dernier vers, en passant par l’esthétique dans la manière de dire. Babacar ne dit pas pour satisfaire un devoir de parole, il dit pour célébrer la beauté du silence éloquent.
Lire Chants d’amour du gynolâtre de Babacar Korjo Ndiaye, c’est s’offrir un bain de soleil entre deux dunes de doux sable. Un sable qui ne brûle pas, mais qui éveille des sens endormis sous la berceuse du doute.
Certes, lorsque le cœur aime, l’âme et l’esprit deviennent les gardiens de ses confidences et les complices de ses innocents égarements.
Ndèye Anta Dia, poétesse sénégalaise
