
Tu n’es pas l’héritier de Senghor, David n’est pas ton père, mais…
J’ai lu avec intérêt PUISSANCES SANS FRONTIÈRES. C’est pourquoi je me permets de te faire un retour.
Mais, arrêtons-nous un instant et précisons une chose : ceci n’est pas un retour critique, car je n’ai ni l’objectif ni l’envie que cet exercice nécessiterait.
Par ce texte, tu exprimes toute ta force. Une force qui dépasse les limites connues, j’avoue. Et si nous considérions ce texte comme la tombée des larmes enfouies dans la chair vive de ton sol d’accueil ? Quoi qu’il en soit, ce n’est pas le plus important !
Néanmoins, je peux m’interroger et répondre à mes questions. Qui, auparavant, a osé faire de la poésie un sixième continent ? Tu l’as fait. Chez toi, il est légitime de parler du peuple des vers. Qui osera démontrer que la poésie est amorphe ? Il te trouvera sur son chemin. Tu bouscules le Robert et les grands dictionnaires en donnant à la poésie un autre élan qui n’est pas un simple écrit. La poésie est l’art de bien choisir les mots pour leur donner plus de signification et de portée, c’est ce que tes mots, unis, me révèlent. À ton sujet, je dirai au peuple des lettres ma part de vérité. Tel un mannequin, tu es stylé. Point de ponctuation, point de cassure. Pourtant, chaque mot est pont en destination de l’autre, et chaque espace rejeté est un sens plein. Tu as « disloqué ce grand niais d’Alexandrin » pour devenir plus brillant qu’un château.
La poésie de l’exil – la tienne – déchire le cœur des persécuteurs pour jouer le djung-djung de ta Casamance. Elle est cri pour l’aventurier qu’on te colle et victoire pour l’exilé que tu incarnes. Alors, honte à ceux qui méprisent l’étranger assoiffé de paix. Quand le chaos est humain, toute la terre est refuge. Pour que le mot suinte le bonheur, il faut que la plume dévore la souffrance. Pour que la poésie devienne belle et douce, il faut qu’elle sorte du cœur en feu. Pour que la vie accouche le salut, il faut qu’elle danse au rythme du Chaos et de l’exil. Telle est la leçon que j’ai apprise, cette fois-ci, de toi.
Pour terminer, je leur dirai aussi : Tel un super-héros du mbalax, tu sais chanter… tu sais danser. Jamais poésie n’a autant, chez moi, ressemblé à la musique. Un flux sans frein. Du début à la fin, tout est vibration/énergie, tout est vivant. Il n’y a que chez toi où les mots font l’amour à l’esprit. Quelle saveur ! Salut, humanité mère !
Saliou Diop CISSE
