
La 4è édition du Prix du Cénacle pour la littérature au Sénégal se tient sous le signe de la révélation et de l’engagement. André Marie Diagne, présidente du jury pour cette édition, a partagé ses impressions, soulignant la vitalité de la scène littéraire sénégalaise et le rôle essentiel que joue cette initiative portée par une jeunesse déterminée.
Traditionnellement, le terme « cénacle » désigne un groupe sélect d’intellectuels ou d’artistes. Cependant, au Sénégal, l’initiative a été prise par un groupe de jeunes auteurs et éditeurs engagés qui ont souhaité « prendre en main leur destin littéraire ». Mme Diagne s’est dite « surprise » par leur « esprit d’initiative, [leur] esprit d’organisation, » reprenant la formule de Senghor : Organisation et méthode.
Un hommage a été rendu au président sortant du jury, le Professeur Abdoulaye Racine Senghor, « un grand poète de Foundiougne, » dont la présidence a marqué les éditions précédentes.
Le jury a eu la lourde tâche d’évaluer un nombre impressionnant et varié de candidatures : 20 romans et 16 recueils de poèmes. Ces œuvres, parfois « volumineuses, impressionnantes, » témoignent d’une véritable « fureur d’écrire » au Sénégal, confirmant que la littérature se porte bien.
Ce qui a séduit le jury, c’est l’originalité et l’intensité des thèmes abordés. Les auteurs, jeunes pour la plupart mais aussi expérimentés, ont manifesté :
- Le besoin de parler de la société et des problématiques observées.
- L’envie de s’épancher et de partager des sentiments intenses : l’amour, l’appréciation de la nature, et les émotions profondes.
Pour André Marie Diagne, les prix littéraires sont un « très grand stimulant » pour le monde du livre. Ils agissent comme une « vitrine » permettant de faire découvrir des auteurs jusqu’alors modestement cachés. Le Cénacle est particulièrement remarquable pour son ouverture, accueillant des profils variés allant des médecins aux ingénieurs, et même un élève de terminale, prouvant que « il n’y a pas de limite. »
« Le Cénacle pousse les jeunes sénégalais à oser écrire. »
Mme Diagne a profité de l’occasion pour adresser des conseils essentiels à la nouvelle génération, insistant sur le fait que la littérature n’est pas une affaire facile. Une œuvre primée doit être une œuvre d’art, caractérisée par :
- La Langue Travaillée : Le choix et le travail de la langue (quelle qu’elle soit – français, wolof, peul, arabe) doivent être impeccables, respectant sa « syntaxe, sa beauté originelle. »
- La Structure : Une intrigue solide, des personnages bien campés, et la maîtrise des techniques narratives (description, dialogue, suspense).
- L’Éthique et l’Inédit : Vigilance contre l’Intelligence Artificielle et le plagiat. Le jury est très attentif au respect de la date de première édition d’une œuvre, car celle-ci est considérée comme l’« extrait de naissance » du texte.
La présidente du jury a exprimé son admiration pour cette nouvelle génération, « audacieuse, pleine d’initiatives, pleine d’ambition. » Son rêve est que les textes africains ne soient pas relégués à la marge, mais qu’ils s’imposent à l’international par leur qualité, évitant le risque du « pilonnage. »
Elle conclut en encourageant le Cénacle pour son esprit de liberté et d’ouverture, exhortant toute la jeunesse à participer à cette « fête de la littérature. » Le message est clair : que les écrivains sénégalais, qu’ils soient poètes, romanciers ou dramaturges, honorent la devise de leur nation et soient parmi les meilleurs.
