Le fort d’un mouvement, quel qu’il soit (politique, social, économique, artistique…) est de générer des changements, des mutations, des remous. Et le slam, étant un mouvement, ne saurait être exempt de cette transformation ou ce changement.
Peut être ne serais-je pas ou plus légitime pour parler du slam au Sénégal, mais je voudrais juste apporter ma petite contribution à ce débat sur la ligue Sénégalaise de Slam Poésie à travers lequel d’aucuns font un traitement intellectuel et productif, certains se camouflent pour régler des problèmes crypto personnels, mais d’autres aussi, emportés par le vent de la contestation, se prononcent sans aucune maîtrise de la situation et souvent de façon innocente (ndeysaan). Si toutefois on me le permet.
Bref, beaucoup de choses se disent par ci, par là. Certains jeunes même en profitent pour jeter l’opprobre sur les anciens. D’autres jeunes prétendent être dans le mouvement en avançant des années qui si on les enlevait de leur âge, il n’en resterait que peu ou presque rien du tout. (Rires).
À ceux là, je voudrais juste rappeler que si aujourd’hui il est plaisant d’être Slameur ; si aujourd’hui, il est beau de faire du slam et de le faire devant un public nombreux, devant des caméras et que sais-je, c’est parce que des gens ont slamé sous la pluie, sous le soleil, dans des salles où ils étaient slameurs, slameuses et public en même temps sous les murmures moqueurs des passants, du voisinage, des amis et connaissances qui les prenaient pour des toqués.
À ceux là, je voudrais rappeler que le Slameur est aussi en soi, un poète et il nous a toujours été appris que le poète est celui qui pense et écrit autrement ce que pense et écrit le commun des mortels, les personnes lambda. Et donc si dans nos faits, gestes et propos nous ne cessons de faire du xalab, jeter notre mouvement ou des gens de notre corporation en pâture, juste pour un besoin de voyeurisme, comme le ferait tout sénégalais, c’est que nous cessons d’être des poètes et vivons comme toute personne lambda.
Nous nous laissons emportés vers la pente glissante qu’ont emprunté les autres mouvements artistiques avant nous. Alors que le fort du slam, surtout sénégalais a toujours été le partage, l’union, l’entraide. Du moins c’est dans cette dynamique qu’ont toujours été les pionniers et c’est ce qui leur a valu de faire la promotion du slam un peu partout au Sénégal sans tambour ni trompette malgré son jeune âge. Oui son jeune âge ! Parce qu’on n’en arrive à oublier, que malgré son essor fulgurant, le slam est un nouveau né eu égard à tous les autres mouvements artistiques qui existent dans le monde et au Sénégal.
Si on en revient à la Ligue Sénégalaise de Slam Poésie. Oui, elle n’a fait personne dans le slam ; mais elle a été un tremplin pour beaucoup de jeunes slameuses et slameurs sénégalais. Et son unique rôle en fin de compte. Parce que les gens parlent de gauche à droite, traitent la Ligue de tous les noms sans se demander c’est quoi son rôle principal ?
Si c’est pour faire le slam ou sa promotion dans les régions en particulier et au Sénégal en général, ça n’a jamais été du ressort de la Ligue et d’ailleurs ça n’a jamais été elle qui l’a fait. Ce sont des structures locales, des Slameurs engagés et qui souvent ont accepté de mettre leurs carrières en suspens afin de faire éclore des talents locaux qui en sont les vrais réalisateurs.
Si c’est pour avoir fait le slam sénégalais, ce sont des structures telles que Dalal Slam qui a su fédérer tous les slameurs sénégalais et même de la sous région, à l’époque, en son sein pour organiser un peu partout des rencontres slam autour d’ateliers, de soirées entre autres, et il continue toujours de le faire. Ce sont les Vendredi Slam, Krfour Poetik, Wa slam Thiès, Bargny Slam, Guediawaye Slam, Parlons Poésie etc. Des festivals tels que Slam Légende de Podor, Festival Slam Poésie de Thiès, Foundiougne slam poésie, Festival Kaolack Slam entre autres pour citer les premiers.
Ceux sont des personnes autour de ces structures qui ont contribué à faire du slam ce qu’il est aujourd’hui. Mais la Ligue Sénégalaise de Slam Poésie a eu le mérite de proposer une compétition qui a servi et sert toujours de tremplin pour les slameurs et slameuses de toutes les régions du Sénégal depuis 2017.


Après aujourd’hui par la grâce de Dieu on peut constater avec plaisir une prolifération de clubs et de festivals slam au niveau national. Alhamdoulilah !
Cela veut dire que les pionniers ont abattu un excellent travail depuis jusqu’à ce que tout le monde veuille organiser des activités de slam ou être des slameurs et slameuses.
Nous qui parlons de Ligue Sénégalaise de slam et de ses démembrements régionaux, nous avons déjà poser la question à savoir comment les représentants de la Ligue dans les régions font pour organiser des compétitions au niveau local ? Par quels moyens financiers et humains ?
Nous sommes nous déjà une seule fois engagés, de façon bénévole, à accompagner cette initiative comme ils le font depuis le début ?
Nous sommes nous jamais rapprochés d’eux, à l’annonce des compétitions régionales, pour proposer notre contribution pour l’organisation ?
Savons nous comment la Ligue fait pour tenir chaque année la compétition nationale ?
Avons-nous déjà contribué de façon personnelle ou financière à l’organisation d’une seule compétition ?
Nous attendons toujours que tout se mette en place, nous venons nous exprimer et si nous perdons, nous déchargeons toutes notre frustration sur les organisateurs égoïstement oubliant de nous remettre nous même en question.
Oui il y’a des manquements, beaucoup de manquements, mais quelles propositions concrètes avons nous faites si ce n’est dénigrer ?
La Ligue Sénégalaise de Slam Poésie ne fera pas nos carrières à nos places. Elles n’en a ni les moyens, ni la prétention, ni les possibilités. Il nous revient à nous de travailler pour notre avenir et pour notre art.
Aujourd’hui c’est la ligue mais j’ai aussi connus et entendu beaucoup de jeunes fustiger souvent les festivals et leurs organisateurs parce qu’ils n’y étaient pas conviés, prétendant que ceux sont toujours les mêmes qui s’y rendent. Savez-vous comment ces festivals sont organisés ? Savez-vous quelles peines endurent les organisateurs pour que ces festivals se tiennent ? Savez-vous dans quelles conditions ce qui y font y sont conviés à chaque fois ? Pourquoi vous-mêmes ne preniez pas l’initiative d’organiser chez vous et par vos propres moyens ?
Si nous voulons développer le secteur du slam sénégalais, il faut qu’on apprenne à s’oublier un peu, à faire un don de soi pour slam sénégalais. Il faut qu’on arrête de se prendre pour des stars dès qu’on fait une ou deux sorties et qu’on aille vers l’essentiel.
Jeter l’opprobre sur les gens du milieu ou sur le slam ne fera que freiner cet élan prometteur qu’à le Sénégal dans le slam au grand dam de tout le monde. Personne n’en bénéficierait.
Alors, travaillons sur nous, sur nos carrières et essayons d’unir nos forces et cheminons ensemble pour éviter de tomber dans les mêmes travers que notre grand frère le RAP (RIRES). Les rappeurs qui se reconvertissent dans le slam ne nous apportaient vos guéguerres de rappeurs.( RIRES) Ma sànni xeer sunu mbokk yi.
C’est juste une blague, le mouvement slam est aussi fait par des pionniers qui sont d’anciens rappeurs et qui ont énormément contribué à son essor.
Merci de m’avoir lu jusqu’au bout si vous y êtes arrivés.
Nous avons un fort non négligeable et à conserver vaille que vaille qui est que le slam est l’un des rares arts qui proposent des ligues dans les pays du monde avec des compétitions régulières régionales, nationales et même international. Même les arts qui font partie des jeux olympiques n’ont pas cette forme d’organisation.
C’était là juste une petite contribution d’un africain qui, peut être, est dépassé par les évènements et n’aurait plus aucune légitimité de parler du slam sénégalais actuel parce qu’étant du nombre des anciens qui font ombre.

CamouMC L’Africain.