Le vendredi 19 juillet 2025, sous l’égide du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, s’est déroulée une cérémonie, empreinte de solennité et de charge symbolique. En préparation de son départ pour le Bénin où elle participera à la finale continentale du concours Miss Littérature, la gagnante nationale, Sokhna Aminata Fall, a reçu l’étendard national des mains de Madame le Ministre Khady Diène Gaye. Ce geste emblématique illustre la reconnaissance officielle accordée à la jeunesse intellectuelle du pays et réaffirme l’importance de la littérature dans le domaine culturel au pays de Senghor.

Dans un contexte caractérisé par la recherche de nouvelles perspectives pour les arts de la parole, la remise du drapeau symbolise une légitimation et une confiance : légitimation d’un concours qui mêle beauté, éloquence et engagement de manière inédite ; confiance en une génération qui valorise la langue, la pensée et la mémoire au cœur de son identité. En honorant Sokhna Aminata Fall de la sorte, le Sénégal affirme que la littérature représente également un outil de diplomatie culturelle, une forme de soft power capable de renforcer les liens, de façonner les imaginaires et de promouvoir la voix des nations.

« Ce drapeau, remis avec fierté, est une reconnaissance »

Présente à la cérémonie en sa qualité de marraine, Mme Fatimata Diallo a salué avec chaleur et fierté les qualités de cœur et d’esprit de sa filleule : « Je peux témoigner de son intelligence, de la qualité de sa réflexion, de sa culture et de son engagement pour la défense de notre littérature. » Elle a rappelé que ce drapeau, remis avec solennité, incarne bien plus qu’un symbole : il porte les espoirs d’une nation, la mémoire d’un peuple, et la foi dans le pouvoir des mots. « Chère filleule Sokhna Aminata, tu ne pars pas seule. À tes côtés, une famille, de sang, de cœur, d’esprit. Le Sénégal marche avec toi, entier. »

Dans un geste d’élégance et de reconnaissance, elle a également exprimé sa gratitude envers les stylistes Dasha Nicoué et Rose Samb, dont le talent permettra à la Miss et à sa marraine de représenter le Sénégal avec raffinement et dignité.

Une délégation mobilisée autour de la littérature

Dans son intervention, Mme Salamata Ousmane Diallo, promotrice nationale du concours, a souligné le caractère hautement symbolique de cette remise :

« En confiant ce drapeau à la délégation MLS, vous nous remettez bien plus qu’un emblème : vous nous confiez l’histoire d’un peuple, la dignité d’une culture, la force d’un héritage. »

Fière de l’itinéraire de la lauréate, elle a rappelé la qualité de sa préparation, fruit d’un encadrement rigoureux mêlant pratique de l’écriture, art oratoire, enracinement culturel et ouverture intellectuelle. « Aujourd’hui, elle est prête. Prête à porter haut le flambeau de l’héritage littéraire sénégalais sur la scène continentale. »

Un legs intellectuel à faire vivre

Le directeur du Livre, M. Ibrahima Lo, a quant à lui replacé l’événement dans une perspective historique, évoquant l’enjeu symbolique de cette compétition à venir à Cotonou, dans un pays – le Bénin – qui, à l’orée des indépendances, revendiquait le statut de « quartier latin de l’Afrique », en écho (et parfois en rivalité) avec la prééminence culturelle du Sénégal.

« Senghor, Cheikh Anta Diop et tous les autres actionnaires de notre construction nationale se sont armés de science et de détermination ‘jusqu’aux dents’ pour nous léguer un pays qui a tant donné à la culture universelle », a-t-il rappelé.

Reconnaissant l’excellence des délégations africaines attendues au Bénin, il a néanmoins réaffirmé sa confiance en la candidate sénégalaise : « Le dernier mot t’appartient, et c’est à toi de relever le défi de l’excellence à Cotonou. Le Sénégal des Belles Lettres reste mobilisé. »

Un départ sous le signe de la dignité, de la foi et des mots

Dans une atmosphère de ferveur et d’espoir, cette cérémonie s’est achevée par un engagement collectif : celui d’accompagner et de soutenir une jeunesse lettrée, lucide, enracinée et ambitieuse. En Sokhna Aminata Fall, le pays place sa confiance en une voix singulière, capable de faire rayonner, au-delà des frontières, l’élan poétique et intellectuel du Sénégal.

Que ce drapeau flotte haut, au rythme des lettres, de la dignité et de l’espérance.

Babacar Korjo Ndiaye