
Éditorial : L’Encre, le Sang et le Code
Le 8 mars n’est pas une fête ; c’est un bilan. Alors que les étals se remplissent de pagnes colorés et que les discours s’enrobent de douceurs printanières, ce numéro de Sénégal Njaay Magazine choisit de gratter le vernis.
Dans ce dossier spécial « Encre de Femmes », nous faisons dialoguer des époques qui ne se sont jamais vraiment quittées. Il y a d’abord le souffle mystique de Kiné Kirama Fall et la lucidité de Ndèye Coumba Mbengue Diakhaté. Ces pionnières, qui ont fait de l’éducation un sacerdoce et de la poésie une arme de dignité, nous rappellent que le savoir n’est jamais neutre : il est une responsabilité communautaire.

Aujourd’hui, cet héritage se prolonge dans les algorithmes et les laboratoires. Khadydja Ndoye, notre figure de proue, nous interpelle : l’excellence technologique de l’Afrique ne se construira pas en marginalisant la moitié de son potentiel. Pour elle, le 8 mars doit être un moment de « reddition de comptes ». Combien de filles en filières scientifiques ? Quel accès aux financements pour nos chercheuses ?. La question n’est plus seulement celle de l’égalité, mais celle de la compétitivité stratégique de tout un continent.
Cette exigence de vérité trouve un écho brutal dans le cri de Gilberdène Amour Madouka. Son texte « RAS-LE-BOL » vient fracasser la mascarade des festivités pour nous ramener à l’essentiel : la mémoire des luttes et du sang. Car la poésie, qu’elle soit écrite à Rufisque ou traduite à Caracas par Mariela Cordero, est ce langage universel qui réduit les distances et cicatrise les douleurs communes.
De l’encre des poétesses au code des ingénieures, ce numéro est un appel à la cohérence. Pour que le futur de nos filles ne soit plus une « ascension fragile », mais une évidence.
Bonne lecture.


Un journal incontournable à lire et à faire lire