
Ça, c’est le travail du critique littéraire ! Waly Ndour ne profane pas une œuvre, il lui donne une seconde vie en orientant les projecteurs là où personne n’a pensé à regarder.
Son travail de fouille est singulier, mais il n’engage que lui, qui sait qu’il va se faire taper sur les doigts.
Mais ne nous y trompons pas ! L’homme est un professeur émérite de littérature doublé d’un redoutable tribun !
Quelle que soit l’issue de cette passe d’armes entre ses défenseurs et ses pourfendeurs, Une si longue lettre n’y perdra pas une plume. Ce manifeste du féminisme main de fer dans un gant de velours est tombé à un moment si propice de la marche de notre temps que les mères — tout comme les pères avisés — continueront de le faire lire à leurs filles et à leurs fils pour les préparer à leurs vies d’adultes et leur rappeler que tout choix a une conséquence.
Sur le plan strictement littéraire et sur la créativité, l’auteur saura pointer du doigt les insuffisances comme les pures pépites dont ce livre regorge.
Cette étude aura en tout cas le merits de remettre sur le tapis LA QUESTION qui taraude chaque petit écrivaillon : une œuvre retenue pour l’étude intégrale dans les programmes scolaires ou universitaires est-elle au faîte de sa gloire ? Est-elle vraiment indéboulonnable sans perdre de son aura, de sa sacralité ?
Voilà une question qui s’adresse d’abord aux inspecteurs et à leurs équipes qui sont chargés de rafraîchir (tous les 10, 20, 30 ans ?) les programmes en vigueur dans les écoles.
ANNIE COLY

