
Du 26 au 28 octobre 2026, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) devient le théâtre d’un hommage scientifique et culturel d’envergure consacré à l’une des figures majeures des lettres africaines contemporaines : Boubacar Boris Diop. Intitulé « Boubacar Boris Diop : la charge et les chemins de l’écriture », ce colloque international et interdisciplinaire réunit universitaires, écrivains et journalistes pour explorer une œuvre dense et engagée, tout en célébrant le 80ᵉ anniversaire du romancier.
Organisée par la Faculté des lettres et sciences humaines (FLSH) de l’UCAD, sous la présidence d’organisation du Dr Serigne Sèye et le patronage scientifique du Pr Ibrahima Wane, cette rencontre bénéficie du soutien du ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, du Goethe-Institut et de la Délégation générale Wallonie-Bruxelles au Sénégal.
Une ouverture solennelle portée par des figures intellectuelles
Les travaux s’ouvrent ce lundi 26 octobre au Centre de conférence de l’UCAD 2, en présence du recteur Alioune Badara Kandji et du doyen de la FLSH, Mamadou Bouna Timéra. Après la projection d’un film dédié à la trajectoire littéraire de l’auteur, l’universitaire Felwine Sarr (Duke University) prononce la conférence inaugurale intitulée : « Boubacar Boris Diop : écrire sur les crêtes ».
Dès le premier après-midi, les réflexions scientifiques s’articulent autour des architectures narratives diopiennes (Le Temps de Tamango, Le Cavalier et son ombre) ainsi que sur l’écriture de la mémoire et du génocide (Murambi, le livre des ossements), avec la participation de chercheurs venus du Sénégal, de la sous-région et de l’international.
De la question des langues au renouvellement des perspectives
La journée du mardi 27 octobre s’ouvre par une intervention très attendue du prix Goncourt Mohamed Mbougar Sarr, intitulée « Comment tuer le père Boris ». Les sessions de la journée explorent les liens entre langues, engagement et mémoire historique, analysant notamment l’impact des tirailleurs et le dialogue épistolaire ou intellectuel entre Diop et Senghor.
L’écriture en wolof, pivot essentiel du parcours de l’auteur, est également au cœur des débats. La journée se conclut par une table ronde intégralement tenue en wolof sur la création et la transmission, réunissant des universitaires et acteurs culturels tels que Sokhna Bao Diop (UGB) et Adramé Diakhaté (association Fonk Sunuy Làmmiñ).
L’intellectuel dans la cité et célébration artistique
Le mercredi 28 octobre interroge la posture de l’écrivain engagé dans l’espace public, en revenant sur ses confrontations intellectuelles (notamment avec Achille Mbembe ou Souleymane Bachir Diagne) et ses coécritures, à l’image de La gloire des imposteurs (rédigé avec Aminata Dramane Traoré).
Deux tables rondes thématiques viennent enrichir la rencontre :
- « Les écrivains lisent Boris », avec Marouba Fall, Rahmatou Seck Samb, Djibril Diallo Falémé et Khalil Diallo.
- « Boris Diop, journaliste », animée par des figures des médias comme Pape Samba Kane, Baba Diop, Massamba Mbaye et Aboubacar Demba Cissokho.
La clôture académique se tiendra en fin d’après-midi avec une prise de parole de l’auteur. Les festivités se prolongeront en soirée au Goethe-Institut de Fann Résidence autour d’une création théâtrale mise en scène par Madiaw Ndiaye, d’une performance musicale (Jàmm Jazz et DJ Torodo) et d’un cocktail célébrant en beauté les 80 ans de Boubacar Boris Diop.
