Sous l’impulsion du poète égyptien Ashraf Aboul-Yazid, les « Rencontres Créatives sur la Route de la Soie » ont réuni à Paris et Dakar des figures majeures des lettres africaines et européennes. Au cœur des débats : la traduction comme arme de dialogue et l’ouverture vers internationale des éditions Sénégal NJAAY.

Cette rencontre a pris des allures de célébration pour le recueil Une rue au Caire. Véritable carrefour d’influences, l’ouvrage d’Ashraf Aboul-Yazid incarne cette nouvelle circulation des textes : écrit par un Égyptien, traduit par sa fille Hoda Ashraf, préfacé par une Tunisienne et publié au Sénégal par les éditions NJAAY.

Cette stratégie transfrontalière porte ses fruits : l’œuvre est finaliste du Prix International BALISAILLE 2025, une consécration pour l’innovation poétique.

Arwa Ben Dhia, poétesse tunisienne basée à Paris, a apporté un éclairage technique et militant. Pour celle qui a signé la préface du recueil, traduire ne revient pas à transposer, mais à « recréer l’essence ».

Forte de son expérience au Salon du livre Amazigh, elle a plaidé pour une présence accrue des auteurs africains dans les anthologies mondiales, avant de clore la rencontre par une déclamation en anglais, prouvant que la poésie n’a pas de langue fixe lorsqu’elle touche à l’humain.

Le débat a également mis en lumière le rôle crucial des éditeurs du continent. Babacar Ndiaye Korjo, directeur de la maison d’édition Senegal NJAAY, a exposé sa vision : imposer la littérature africaine sur l’échiquier international.

« Pourquoi publier un auteur égyptien en français à Dakar ? » À cette question, l’éditeur répond par la nécessité de créer des synergies entre les mondes arabe et noir-africain. En déclamant le texte « Quelle femme ! », il a rappelé que l’éditeur est avant tout un passeur d’émotions. Cette ambition se déploiera prochainement au Salon du Livre Africain de Paris, où la littérature traduite peut s’affirmer comme le nouveau levier de croissance du secteur.

Enfin, le poète malien Ismael Diadié Haidara, trait d’union vivant entre l’Espagne et Tombouctou, a magnifié le rôle de la poésie dans la préservation de la mémoire. Pour lui, le voyage et l’exil ne sont pas des ruptures, mais des sources d’écriture qui permettent de rapprocher les héritages intellectuels de l’Afrique de l’Ouest et de l’Europe.

Cette rencontre confirme une tendance de fond : la « Route de la Soie » littéraire n’est plus une voie à sens unique, mais un réseau complexe où Dakar et Tunis discutent d’égal à égal avec Paris et Madrid.

Adriana

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