Mon cher Saliou, ceci n’est pas une adresse, c’est une habitation. Ton séjour dans les veines de l’anti-jour me vole ma nuit. Ce genre de lettre ( de l’être ? ) qui rend allergique au sommeil, ce chaos qui refuse le calme-insulte d’une œuvre qui meurt de sa propre mort. Ceci n’est pas une adresse, c’est une habitation.

Tu as su habiter le vide qui se vide par saignement. Ta foi n’est pas nouvelle. Elle est aussi vraie que le sang d’un dieu. Aussi vielle que ma  » jeune plume » « fracassante ». Ici, c’est ta frustration qui m’est la plus chère. Ta déception est aubaine. Te décevoir, Saliou, c’est profaner ton attente. _ Ah la fameuse et divine attente. Hey, tu cherchais quelque chose ? Tu as trouvé le rien. Et la poésie, aussi poésie qu’elle soit, n’a que deux extrémités : ou l’on ne trouve rien, ou l’on trouve le rien. L’entre-deux n’est que littérature fois zéro.

Le trône, serait-ce ce sable de cimetière ? Ou peut-être une graine perdue à l’autel du néant ? L’insolence est déjà une métaphore céleste qui octroie l’excrément à la terre fertile. Il n’y a que la racine qui vaille. Vanité des branches du bananier, poussière !

Mon cher, j’hallucine déjà de ton ( mon ? ) titre. Je refuse d’oublier le futur. « Quand je serai grand », jeune je voudrais être. Jeune je serai. Il n’y a que l’enfant pour se vêtir en poème nu. Nu comme la jupe du poème. Nu comme un bébé-boom.

Et si l’art est l’Apocalypse au monde des nouveau-nés, j’en danse comme si j’écoutais le big bang suprême. La bombe. J’ai déjà écrit le testament. C’est un poème de début du monde. Au commencement c’était le verbe. Je le conjugue au temps de la fin.

Mon cher, donne-moi ton ticket pour l’Oscar, je dois y écrire quelque vide en guise de gratitude.

  Au plaisir ! 

             Mohamed Marem Seck