
Thélyson Orélien
C’était ça ou mourir
Grasset, 2026
Thélyson Orélien, poète et romancier haïtien, signe avec C’était ça ou mourir une œuvre puissante, à la fois récit d’exil et plaidoyer pour la dignité humaine. À travers le parcours de Jonas Dorléon, professeur haïtien contraint de fuir un pays ravagé par les gangs, les catastrophes naturelles et l’héritage colonial, l’auteur dépeint une odyssée migratoire aussi brutale que poétique.
Ce livre dérange, et c’est heureux ainsi. Il ne se contente pas de raconter l’exil : il en révèle les racines historiques, politiques et morales, liant le destin d’Haïti à celui de la France, de l’esclavage à la dette coloniale, des dictatures soutenues aux migrations contemporaines. Nourri des voix de René Depestre, de Dany Laferrière et de Lyonel Trouillot, Orélien fait de chaque phrase une force de frappe, mêlant lyrisme et réalisme pour nous confronter à une vérité inconfortable : notre indifférence est une forme de complicité.
Entre la jungle du Darién, les frontières hostiles et les mains tendues d’une humanité ordinaire, Jonas incarne la résilience d’un peuple qui refuse de disparaître. C’était ça ou mourir n’est pas seulement un roman sur l’exil : c’est un miroir tendu à notre conscience collective.
Entre poésie et réalisme brut, Orélien nous rappelle que l’exil n’est pas une fin, mais un combat pour la dignité. Un livre qui interroge, qui émeut, et qui exige de nous une question : et si, cette fois, nous écoutions ?
Par une écriture singulière et percutante, où l’aphorisme le dispute au récit déchirant, l’auteur nous plonge dans une histoire méconnue d’Haïti et dans ses liens avec la France. Mais ce livre est aussi une réflexion urgente sur la dette morale que l’Occident porte à l’égard des migrants.
Ces pages bouleversantes résonnent comme un appel à l’humanité, entre colère et espérance. Ce livre vous touchera — parce qu’il ne parle pas seulement d’eux. Il parle de nous.
