
L’Académie Goncourt a annoncé vendredi le retrait du roman C’était ça ou mourir (Grasset), de l’auteur canado-haïtien Thélyson Orélien, de sa première sélection pour le prestigieux prix littéraire, décerné le 4 novembre.
Dans un communiqué transmis à l’AFP, l’institution justifie sa décision par la volonté de préserver l’intégrité du prix Goncourt et celle de l’Académie, dont le rôle central consiste à promouvoir et couronner la littérature écrite par des femmes et des hommes. L’Académie s’appuie sur des travaux de chercheurs et journalistes qu’elle juge dignes de foi, mettant en évidence le fait que le roman serait selon toute vraisemblance très largement le produit d’une intelligence artificielle.
La polémique a débuté lorsque l’écrivain, âgé de 38 ans, a été mis en cause sur X par un compte anonyme, dont l’un des administrateurs s’est révélé être l’essayiste et chroniqueur du Figaro Samuel Fitoussi. Ce dernier a affirmé que le livre avait été rédigé « presque intégralement » par une intelligence artificielle, après en avoir fait analyser des extraits par le logiciel américain Pangram. À ces soupçons se sont ajoutées, mercredi, des accusations de plagiat portant sur des textes plus anciens de l’auteur, publiés au Canada il y a plus d’une décennie.
Thélyson Orélien, qui avait remporté lundi le prix du roman Fnac et figurait dans les sélections de plusieurs autres récompenses littéraires, a dénoncé auprès de l’AFP une volonté de le « faire taire ». Son éditeur canadien a par ailleurs suspendu sa tournée promotionnelle. Le président de l’Académie Goncourt, Philippe Claudel, qui appelait encore récemment à la prudence avant de tirer des conclusions, a cette fois pleinement engagé l’institution dans sa décision.
Source : Brut
